Pendant un an j’ai parcouru le Québec à la recherche de bâtiments brutalistes. Une province, 7 régions, 11 villes, 17 secteurs. 48 bâtiments, 56 architectes hommes, zéro femmes. 1517 kilomètres d’auto, 99 516 pas parcourus. Mon approche ne vise pas à redéfinir le brutalisme comme courant architectural, mais à porter un regard de design graphique sur l’architecture, privilégiant une lecture esthétique et formelle. Cette posture, volontairement subjective, se veut avant tout admirative de la matérialité, la symétrie, les ruptures, les répétitions, les rythmes, les contrastes et les images produites par ces architectures, indépendamment de leur contexte d’origine ou de leur intention programmatique. Cette posture s’inscrit également dans une approche régionaliste : trop souvent, en architecture comme en design graphique, les références européennes et américaines dominent les cadres d’analyse et de comparaison. Or, le Québec regorge de bâtiments remarquables et du travail d’architectes d’ici qui gagnent à être mieux connus, documentés et archivés.




